October 3, 2025
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Les analyses génétiques portant sur les processus de création propre à l’improvisation ont jusqu’à présent porté sur l’évolution d’un « projet improvisatoire » (Guerpin et Canonne 2019), c’est-à-dire sur des passages d’un morceau donné identifiés comme des « improvisations ». Se concentrer sur ces passages reviendrait à oublier que, dans une tradition musicale telle que le jazz, l’improvisation joue également un rôle dans les parties thématiques, et que l’ « improvisation » est loin de se limiter aux passages qui lui seraient exclusivement consacrés et qui, pour cette raison, porteraient ce nom (comme dans la forme « thème-improvisation-thème »). Cette présentation vise à tester l’approche génétique dans le contexte de l’élaboration, par un groupe de jazz, de la partie thématique d’un morceau destiné à figurer sur un album. L’étude du processus génétique visera donc ici à étudier le rôle de l’improvisation dans l’émergence d’idées proposées par un musicien de son propre chef, ou suggérées à un musicien par un autre. Celles-ci peuvent être retenues (avec ou sans modifications) ou rejetées (par le leader ou suite à une prise de décision collective) d’un essai au suivant, jusqu’à la version publiée sur l’album.
Aborder ce processus pose d’évidents problèmes de sources : comment documenter pareil processus à moins de le susciter à travers un protocole expérimental ? Cette communication se fondera sur une source relativement rare dans le domaine du jazz : l’enregistrement de la phase de découverte et de travail de « Freedom Jazz Dance » par le second quintette de Miles Davis.
The aim of this study day is to test and develop the conclusions of two programmatic articles by Clément Canonne and Martin Guerpin. These articles proposed an application/adaptation (and the necessary adjustments) of genetic criticism (also known as textual genetics) to musical improvisation. The approach is based on a hypothesis that challenges the idea that improvisation is a spontaneous, purely singular creation, without past or future: some improvisers, when improvising several times on the same piece, or in the same improvisational situation, reject or reuse ideas from previous performances. Performance after performance, an “improvisational project” develops, which can itself evolve according to new ideas that arise during the process.
The presentations at this study day will be based on these programmatic articles and will allow them to be compared and discussed on the basis of new case studies or questions. Four domains will be considered: the study of the evolution of an improvisational project over a medium-term period (e.g., a concert tour) or a long-term period (e.g., a creative period in a musician’s career); a genetic approach to the collective dimension of improvised creation; the “positional” nature of studying the process (how can consciously studying this process based on one’s own practice yield different results from external observation based on historical sources or an ethnographic approach?); the development of a comparative perspective, through the application of this approach to improvisational practices derived from classical or traditional music.