3 octobre 2025
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Chez les praticien.nes de l'improvisation collective libre aspirant à créer spontanément une musique aussi inédite que possible (Wilson & MacDonald, 2012) en évitant délibérément de s'appuyer sur un référent explicite (Pressing, 1984), les phénomènes survenant sur le long terme tels que la routine, le poids des habitudes ou encore la sédimentation esthétique revêtent souvent un caractère péjoratif. Le groupe El Memorioso, plutôt que de subir ou de tenter de contourner ces phénomènes, se les est appropriés, en a fait des modalités d’action en se donnant le principe de jeu suivant : improviser librement pendant un certain temps, puis tenter de rejouer à l’identique, plusieurs fois, en s’appuyant sur les seules ressources de la mémoire, l’improvisation qui vient d’être réalisée. Chaque performance générée par ce principe est donc une série de pièces dont la première est une improvisation, puis les suivantes des tentatives de réplications qui sont autant de versions dont l’analyse comparative aura pour objectif de mieux comprendre dans quelle mesure les opérations de mémorisation, remémoration et répétition induites par le protocole modifient les modalités de jeu de ce groupe qui improvise, que ce soit sur le plan des interactions entre improvisateur.ices, celui du matériau musical ou encore celui de la forme.
Cette journée d’études a pour but de développer et de mettre à l’épreuve les hypothèses et conclusions de deux articles programmatiques de Clément Canonne et Martin Guerpin. Ces articles proposaient une application/adaptation (et les adaptations nécessaires) de la critique génétique (également appelée génétique textuelle) à l’improvisation musicale. La démarche repose sur une hypothèse qui prend à rebours l’idée selon laquelle serait une création spontanée, purement singulière, sans passé ni avenir : certains improvisateurs en situation d’improviser plusieurs fois sur le même morceau, ou dans la même situation d’improvisation, rejettent ou réemploient des idées issues des performances précédentes. Performance après performance, se développe ainsi un projet improvisatoire, qui peut lui‑même évoluer au gré d’idées nouvelles survenue au cours du processus.
Les présentations de cette journée d’études partiront de ces articles programmatiques et permettront de les confronter et de les discuter à partir de cas d’études ou à de questions nouvelles. Quatre axes de développement seront envisagés : l’étude de l’évolution d’un projet improvisatoire selon une temporalité moyenne (celle d’une tournée de concert par exemple) ou longue (celle d’une période créatrice dans la carrière d’un.e musicien.ne; l’approche génétique de la dimension collective de la création improvisée ; la « positionnalité » de l’étude du processus (en quoi étudier ce processus de manière consciente à partir de sa propre pratique peut-il amener des résultats différents d’une observation extérieure menée à partir de sources historiques, ou à partir d’une approche ethnographique ?) l’élaboration d’une perspective comparatiste, par l’application de cette approche à des pratiques d’improvisation issues de la musique classique ou des musiques traditionnelles. L’hypothèse est ici qu’un discours sur l’Improvisation faisant abstraction des différentes situations dans lesquelles agissent les improvisateurs est presque fatalement réducteur, et/ou trop nuancé.
1, place Igor-Stravinsky
75004 Paris
+33 1 44 78 48 43
Du lundi au vendredi de 9h30 à 19h
Fermé le samedi et le dimanche
Hôtel de Ville, Rambuteau, Châtelet, Les Halles
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