From the same archive

Musique et mathématiques en pays d'Islam (IXe-XVIIe siècles) - Ahmed Djebbar

December 5, 2014 48 min

L'écriture vocale en langue persane dans La Muette de Florence Baschet - Florence Baschet

December 5, 2014 44 min

Différentes utilisations de l'espace pour la modélisation de structures harmoniques - Louis Bigo

May 4, 2012 01 h 12 min

Coupure enharmonique, complétude et applications - François Durand

May 4, 2012 51 min

La tonalité dans l’œuvre de Bartók entre 1903 et 1918 : Un exemple de conjonction entre distance intervallique, polarité, et orientation modale - Hugues Seress

May 4, 2012 43 min

Sons et Couleurs en Hyperespace : L’Hypersphère des Spectres - Gilles Baroin, Stéphane de Gérando

May 4, 2012 50 min

Introduction de la séance / Présentation de l'ouvrage : Constraints Programming in Misc - Gérard Assayag

November 4, 2011 15 min

Programmation par contraintes relationnelles pour l'analyse et la composition musicales - Sascha Van Cauwelaert

November 4, 2011 29 min

Modeling music processes using temporal concurrent constraint programming - Camilo Rueda

November 4, 2011 50 min

Visual(izing) Constraints in PWGL - Mika Kuuskankare

November 4, 2011 38 min

8 problèmes musicaux résolus grâce à Gecode - Serge Lemouton

November 4, 2011 47 min

Aspects synchrones dans les langages de programmation appliqués à la composition et à la performance musicales - Karim Barkati, José Echeveste

February 3, 2012 01 h 02 min

FAUST Functional Synchronous Programming for signal processing - Yann Orlarey

February 3, 2012 44 min

ReactiveML et aspects dynamiques dans les langages synchrones - Louis Mandel

February 3, 2012 44 min

Combiner du temps discret et du temps continu dans un langage synchrone - Marc Pouzet

February 3, 2012 01 h 07 min

Comment, à Bagdad (IXe-XIIe siècles), la pensée algébrique s’est progressivement émancipée de son berceau langagier (arabe)

0:00/0:00

Dès le départ, l’algèbre s’affirme comme nouveau continent mathématique, dialectisant les antiques continents arithmétique (qui calcule ses propositions à la lettre-chiffre) et géométrique (qui démontre ses propositions axiomatiquement), sans se contenter donc de fournir à l’État abbâsside de nouvelles techniques de gestion en matière de cadastres, d’héritages, d’impôts, de navigations, de géolocalisations, etc. En imbriquant d’une nouvelle manière calculs (arithmétiques) et démonstrations (géométriques), l’algèbre va établir un pont entre les deux antiques continents mathématiques, radicalement disjoints depuis que les Grecs ont découvert – crise des irrationnels - la scission radicale des quantités (nombres arithmétiques d’un côté, grandeurs géométriques de l’autre).

Schématiquement, voir le développement parallèle d’une arithmétisation de l’algèbre (d’Al-Karajî à Al-Samaw’al) et d’une géométrisation de l’algèbre (d’Abû Kâmil à Al-Khayyâmî)

Pour devenir ce nouveau continent contribuant à l’unification générale des mathématiques, l’algèbre va s’émanciper de son fonctionnement langagier primitif et se doter d’un mode propre de rationalité, fondé sur l’univocité d’un calcul à la lettre (« calcul de la poussière ») qui ne dépende plus de l’équivocité propre à la langue commune.

Cette nécessité d’univocité non langagière est pour l’algèbre d’autant plus vive que son berceau langagier (la langue arabe du IX° siècle, étendue grâce aux adjonctions produites au VIII° siècle par al-Khâlil puis Sîbawayhi) s’avère, à différents titres, cultiver l’équivoque dialectique : mots à double sens nommant l’unité de contraires plutôt que leur division (les ‘ //aDdâd//), affirmation de la singularité par contraposition exceptionnelle sur fond de néant (« //lâ//… ‘ //illâ//… » : « nul… sauf… »), distinction grammaticale des types de mots (« nomsverbes-particules ») par leurs interrelations syntaxiques formelles plutôt que par leurs fonctions sémantiques, rhétorique « sémitique » cultivant la symétrie circulaire plutôt que la linéarité irréversible de la rhétorique grecque, etc.

L’algèbre va progressivement (IX°-XII° siècles) s’émanciper de cette discursivité linguale de différentes manières :

  • en étendant le monde mathématique par adjonction immanente : voir l’invention par al-Khawârizmî de nouveaux mots, de nouvelles nominations et d’un nouveau type discursif d’énoncés (relevant de la linéarité déductive) ;
  • en bricolant sa propre écriture (au gré de lettres s’émancipant des chiffres) apte à mettre en oeuvre son nouveau mode de calcul (calcul « aveugle » sur l’inconnu) ;
  • en dialectisant ce calcul de type nouveau à des démonstrations également de type nouveau : voir le bricolage de démonstrations algébriques circulant entre arithmétique et géométrie et violant ainsi allègrement le vieux dogme aristotélicien : « On ne peut, dans la démonstration, passer d’un genre à un autre : on ne peut pas, par exemple, prouver une proposition géométrique par l’arithmétique. ») en sorte de mettre au jour une figure proprement algébrique de la rationalité mathématique.

Cet exposé ne se voudrait pas de vaine érudition : il avancera des hypothèses de travail plutôt qu’il ne communiquera de savants résultats. Cet exposé s’inscrit en effet dans un vaste programme de travail, celui d’une intellectualité musicale se souciant de faire entrer la grande langue arabe littéraire dans la musique contemporaine 9 en sorte d’adjoindre des hétérophonies (tant linguales que musicales) aptes, sous le nom général de terza pratica, à étendre le monde-Musique.

information

Type
Séminaire / Conférence
performance location
Ircam, Salle Igor-Stravinsky (Paris)
duration
01 h 05 min
date
December 5, 2014

IRCAM

1, place Igor-Stravinsky
75004 Paris
+33 1 44 78 48 43

opening times

Monday through Friday 9:30am-7pm
Closed Saturday and Sunday

subway access

Hôtel de Ville, Rambuteau, Châtelet, Les Halles

Institut de Recherche et de Coordination Acoustique/Musique

Copyright © 2022 Ircam. All rights reserved.