trombone
Pour moi, construire un monde comme improvisateur revient à développer l’imagination sur ce que le corps peut être ; il s’agit d’intégrer le langage musical jusque dans la chair, et, en retour, laisser le corps bercer avec tendresse la grammaire musicale. Si l’humanité avait évolué avec pour objectif principal de jouer cette musique au trombone, à quoi ressemblerait-elle et combien de tentacules aurait-elle ? La pratique quotidienne de l’improvisation revient souvent à un corps à corps avec l’impossible : « Fais comme si c’était une harpe », ou « une flûte à bec », ou encore « un arpégiateur », alors qu’en vérité, le trombone bave, se tend, pue et frémit d’une manière absolument étrangère (et en quantité bien plus abondante) à chacun de ces instruments. Il sent beaucoup ma bouche, il change de forme comme quelque chose qui se détache d’une vieille camionnette, et ses incohérences paraissent des amplifications moqueuses de mon propre état de santé. Le trombone, mon Cher, et moi sommes liés par une relation instable : chronophage, dépendante, obsessionnelle, sensorielle, amoureuse, bruyante, cruelle, vibrante et plaisante.
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