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saxophone, piano, percussionist, electric guitar
France, Paris, ManiFeste, Centre Pompidou
Ensemble Nikel.
Musique pour le film Outer Space de Peter Tscherkassky.
Rencontre avec le compositeur à propos de la pièce à lire sur le site de l’Ircam.
Outer Space est un film très énergique, avec des mouvements tout le temps, jalonné de deux climax. Selon moi, une musique qui évoluerait en parallèle ne fonctionnerait pas : ce serait redondant. D’un autre côté, si on ne souligne pas les deux climax, l’impression peut être très déstabilisante. Je me suis donc attaché à faire l’analyse des mouvements du film, sur papier millimétré, ainsi que celle d’autres paramètres (tels que la lumière ou l’intelligibilité des images) à l’aide d’outils informatiques, et grâce au réalisateur informatique musicale qui m’accompagne, Carlo Laurenzi. Cela afin d’établir un rapport complexe, avec des moments de synchronisation pure et d’autres de parallélisme relatif (c’est-à-dire un parallélisme non synchrone, ponctué de phénomènes d’anticipation ou d’association, de contrepoint narratif et de rappel).
Mon idée est de tenter de réaliser une « orchestration audiovisuelle ». Par exemple, le début du film est scandé de nombreux effets stroboscopiques. Du point de vue du musicien, ces effets figurent comme un ostinato rythmique, un trémolo ou un trille, mais je n’ai nul besoin de le souligner musicalement, puisqu’il est si présent à l’image. Au contraire, cet ostinato peut être doublé par différents modes de jeu : des pizzicati ou une succession d’accords, par exemple… Puis, quand l’effet stroboscopique s’arrête, la musique peut prendre le relais, comme en réponse. De la même manière, le deuxième climax du film est très agressif : les images sont très agitées, tout semble voler à l’écran. Musicalement, je le prépare par une montée en tension de l’énergie – qui se communique ensuite à l’écran, alors que la musique se calme d’un coup. Ce moment est très délicat, parce que je veux aussi préserver ce sentiment de vide que provoque le film. On ne peut donc avoir constamment recours à de la saturation ou des multiphoniques, on ne peut pas trop charger la musique. Les silences inconfortables sont parfois plus puissants qu’un gros son : il faut nettoyer, préserver le vide, le blanc. Le film est très physique, la pellicule est nue, et cela dégage une énergie brute que je veux préserver. C’est aussi ça, « l’orchestration audiovisuelle ».
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Composed by Javier Elipe Gimeno , concert on June 19, 2019
This entry is encyclopaedic in nature and does not reflect the collections of the Ircam media library. Please refer to the "scores" entries.
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